Rapport d’intelligence sur le marché du pétrole brut SC (18 mars 2026)
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I. Volatilité récente des cours
1. **Phase de hausse (5 mars)**
- Le contrat à terme sur le pétrole brut SC à échéance la plus proche a bondi de 12 % en une seule journée, franchissant le seuil de 699 yuans par baril — une augmentation aussi brutale qu’exceptionnelle ces dernières années.
- Principaux facteurs déclencheurs : détérioration des tensions géopolitiques au Moyen-Orient ; risque accru de perturbation des transports maritimes dans le détroit d’Ormuz ; déclarations intransigeantes de l’Iran sapant les espoirs de désescalade diplomatique — conduisant à l’intégration généralisée d’une prime de risque géopolitique dans les cours du pétrole.
- Mécanisme de rétroaction négatif : toute entrave à la navigation dans le détroit d’Ormuz contraindrait les producteurs moyen-orientaux à réduire leur production, entra?nant une contraction effective de l’offre et soutenant ainsi des niveaux de prix élevés.
2. **Phase de correction (11 mars)**
- Le contrat à terme sur le pétrole brut SC à échéance la plus proche a chuté de plus de 9 %, revenant à environ 600 yuans par baril — près d’un niveau clé de soutien.
- Principaux facteurs déclencheurs :
- Perspectives améliorées de désescalade géopolitique : l’ancien président américain Donald Trump a annoncé le déploiement d’escorte navale américaine pour les pétroliers traversant le détroit d’Ormuz ;
- Discussions au sein du G7 sur une libération de 300 à 400 millions de barils des réserves stratégiques de pétrole (RSP) ; l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a proposé la plus grande libération coordonnée de RSP jamais envisagée ;
- Bien que le volume de transit des pétroliers par le détroit d’Ormuz demeure faible, le risque d’une interruption totale de l’approvisionnement n’est pas entièrement écarté.
3. **Rebond récent (14–17 mars)**
- Le contrat continu sur le pétrole brut SC a rebondi de 705 à 786,8 yuans par baril — soit une hausse de 11,6 %.
- Principaux facteurs déclencheurs :
- Attentes croissantes d’une nouvelle escalade géopolitique — aucun accord de cessez-le-feu n’a encore été conclu entre l’Iran, les états-Unis et Isra?l ;
- Restrictions persistantes sur la navigation dans le détroit d’Ormuz ; exportations iraniennes de GPL contraintes, renfor?ant le soutien aux cours fondé sur les co?ts ;
- Reprise technique combinée à des afflux de capitaux spéculatifs.
II. Analyse des facteurs déterminants principaux
1. **Géopolitique**
- **Situation au Moyen-Orient** : Le risque de perturbation de la navigation dans le détroit d’Ormuz demeure le principal moteur à court terme des cours du pétrole. En cas d’escalade du conflit ou d’échec des négociations, les cours pourraient retrouver des niveaux supérieurs à 700 yuans par baril ; inversement, si les risques s’atténuent, les cours pourraient reculer vers la fourchette de 600 à 650 yuans par baril.
- **Pourparlers de paix Russie-Ukraine** : La Russie et l’Ukraine ont procédé à un échange de prisonniers de guerre et se sont engagées mutuellement à ne pas viser les infrastructures énergétiques. Toutefois, l’incertitude persiste quant à d’éventuels ajustements des sanctions occidentales contre la Russie — nécessitant une surveillance étroite de l’impact potentiel de la restructuration logistique des exportations de brut russe sur les écarts (spreads) des contrats SC.
2. **Fondamentaux offre-demande**
- **C?té offre** :
- Les producteurs non-OPEP (p. ex. Brésil, Guyane) ont ajouté environ 1,4 million de barils par jour (b/j) grace à des projets de ressources en eaux profondes ; la production américaine de schiste reste résiliente — la pression excédentaire mondiale sur l’offre est marquée en 2026 ;
- Si l’OPEP maintient ses quotas de production du T1, sa production annuelle pourrait augmenter d’environ 600 000 b/j — bien que des revirements de politique restent un point critique à surveiller.
- **C?té demande** :
- La croissance mondiale de la demande pétrolière est projetée à +900 000 b/j en 2026, avec une dynamique probablement ralentie au début de l’année et accélérée en fin d’année, selon la trajectoire des cycles d’assouplissement monétaire menés par les états-Unis et l’Union européenne ;
- Les importations chinoises de brut ont augmenté de 5,1 % en glissement annuel, mais la phase de vérification de l’adoption des véhicules électriques (VE) est désormais engagée ; le ralentissement du déstockage de carbonate de lithium suscite des inquiétudes quant au rythme de la transition énergétique.
3. **Stocks et co?ts de fret**
- Les stocks flottants mondiaux de brut ont atteint leur niveau le plus élevé depuis 2020 ; la pression sur les stocks terrestres a été différée ; les stocks pétroliers de l’OCDE demeurent inférieurs à leur moyenne quinquennale ;
- Les restrictions de navigation dans le détroit d’Ormuz ont fortement fait grimper les tarifs de fret ; le contournement par le cap de Bonne-Espérance augmente à la fois la durée et le co?t des trajets — ce qui resserre effectivement l’offre physique sur le marché.
III. Perspectives à court terme (1–2 semaines)
1. **Fourchette de cours** : Le contrat à échéance la plus proche sur le pétrole brut SC devrait évoluer latéralement dans la fourchette de 680 à 750 yuans par baril. Les niveaux techniques critiques incluent le soutien à 600 yuans et la résistance à 800 yuans par baril.
2. **Principales variables à surveiller** :
- Statut de la navigation dans le détroit d’Ormuz (données de suivi des pétroliers Kpler) ;
- Avancement des pourparlers de paix Russie-Ukraine et toute évolution potentielle de la politique des sanctions occidentales ;
- Calendrier et ampleur de la libération des réserves stratégiques américaines.
3. **Recommandations opérationnelles** :
- Conserver prudemment les positions acheteuses ; envisager d’ajouter des achats vers 680 yuans par baril (zone de soutien) ;
- Surveiller attentivement toute escalade géopolitique soudaine ; fixer des objectifs de prise de bénéfices au-dessus de 750 yuans par baril.
IV. Perspectives à moyen terme (1–3 mois)
1. **Tendance générale** : Si les contraintes pesant sur le détroit d’Ormuz persistent ou si le conflit se ravive, les cours du pétrole pourraient reprendre une orientation haussière ; inversement, si les risques géopolitiques s’atténuent et que l’excédent d’offre se matérialise, les cours pourraient tester le niveau de 600 yuans par baril.
2. **Saisonnalité** : Le T2 correspond traditionnellement à une période creuse de la demande, co?ncidant avec un pic de l’offre — ce qui exerce une pression baissière tant sur les spreads calendaires que sur les cours absolus ; une reprise de la demande au second semestre devrait améliorer marginalement l’équilibre offre-demande mondial.
3. **Risques principaux** :
- Le prix de seuil de rentabilité du schiste américain (~65 USD/baril), qui constitue un soutien structurel au WTI ;
- Un éventuel changement de politique de l’OPEP (p. ex. fin prématurée des réductions de production) exer?ant une pression baissière sur le Brent ;
- L’avancée des négociations nucléaires avec l’Iran et son impact en cascade sur la stabilité régionale.
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